Le livre vert de la commission européenne est sans concession pour la pêche professionnelle et son impact sur les ressources. Mais l’Europe n’oublie pas une autre activité : la pêche récréative et sportive. Pour quoi cette pêche amateur serait elle exemptée de contrôles alors que l’on demande aux professionnels de respecter des quotas. "Notre but n’est pas de piller la mer" rétorque le président de la Fédération Française des Pêcheurs en Mer Gérard Peroddi. N’importe qui peut sans permis aller taquiner le bar ou la sole. Seuls les pêcheurs sportifs sont soumis à des règles : ils participent à des concours, pas plus de 3 hameçons par ligne et des hameçons pas trop petits pour éviter de prendre de trop petits poissons, le poids des plombs est également réglementé : car plus il est léger plus il dérive avec les courants et il prospecte alors une zone plus large et multiplie les chances d’attraper plus de poissons. Mais ces règles restent internes au monde la pêche sportive. Les autres pêcheurs ne les respectent pas parce qu’ils pêchent par manque d’information remarque Gérard Perrodi. Mais ce sourire dans ses mots ne cache pas un agacement .... Les pêcheurs sportifs ont lancé une pétition pour réclamer le respect du repos biologique des espèces : ne pas les pêcher sur les lieux de reproduction. Preuve qu’ils sont prêts à respecter la mer. Encore faut il que ces règles soient claires. Ce n’est pas le cas pour le fameux thon rouge pour lequel il existe un quota depuis cette année : 36 tonnes pas plus. Ridicule pour Gérard Perrodi. Comment se partager les poissons ? L’an passé, 1200 bateaux ont pêché le thon. Si on leur donne un quota de un thon de 30 kilos par bateaux, le quota est atteint en une seule journée. La fédération attend toujours les directives de la direction des pêches... et le Championnat de France prévu en aout prochain risque d’être annulé.
Nathalie Fontrel France info